Togo: Accès à internet, l’autre calvaire avant le sommet de l’UA

Au Togo, « … l’accès aux services de télécommunications est encore limité, et souffre de fréquentes interruptions ». Une analyse du FMI (Fonds Monétaire International) confortée ces dernières semaines par la situation qui prévaut dans ce secteur très stratégique et productif, mais fonctionnant depuis en mode discontinue, obligeant bien d’activités à tourner au ralenti.

Togo Eric Duval

De quoi rebuter les internautes, dont les écrans affichent, sur une longue durée, la formule « Page en cours de téléchargement, veuillez patienter ». Signe que la connexion au Togo, est devenue laborieuse. 

Constat

Depuis quelques semaines, les ‘quelques togolais’ qui ont accès à internet, sont confrontés à un débit lent pour naviguer. « Page en cours de téléchargement, veuillez patienter », revient le plus souvent sur les écrans, pendant que le curseur ne cesse de tourner.

Une situation qui commence à durer. En effet, un tour au Ghana ou au Bénin voisins, et le constat est sans appel. Le Togo est nettement en retard, par rapport à ses voisins, dans le domaine des télécoms en général, et des services internet en particulier, avec des débits aux performances bien en-deçà de la moyenne, facturés aux prix chers.

Et devant les guichets de banques,  ou autres établissements, dont les services nécessitent  internet, le constat reste le même : de longues  files d’attente, et un concert de jurons et d’injures, de clients lassé de « patienter », à l’endroit des agents, qui pourtant, n’en sont pour rien. Même désarroi dans les cybercafés, où les gérants sont en perte de clients.

Surtout en ces périodes de vacances, où il y a beaucoup de mondes qui rentrent au pays, surtout la communauté expatriée. « Ce qui a retenu mon attention pendant mon séjour à Lomé, reste sans conteste mon impuissance devant ce que nous propose les différents fournisseurs d’accès à Internet au Togo », s’indigne ce togolais, rentré retrouver ses parents, avec femme et enfants.

Et d’expliquer : «Si vous voulez avoir la connexion à Internet chez vous au Togo, c’est que vous êtes à la fois riches, chanceux et patients. En plus de la cherté de la connexion avec un débit faible, on se contente de la mauvaise qualité… C’est tout simplement regrettable ».

Raisons

Selon les propos rapportés par un site panafricain, du Directeur Général de Togo Télécom, Romain Ataféitom Tagba, la mauvaise qualité actuelle du service serait due aux travaux de maintenance et de mise à niveau sur le réseau, au niveau du câble sous-marin de fibre optique qui alimente le pays. Une explication devenue redondante pour de nombreux utilisateurs lassés.

La mauvaise qualité et les interruptions à répétition du service – internet au Togo, ne sont pas nouvelles. En mai 2012, des installations techniques sensées répondre à la situation, étaient inaugurées sur le littoral togolais. Officiellement, le pays venait d’être relié au câble sous-marin à fibre optique WACS (West Africa Câble System), via une Centrale d’atterrissement construite à Afidenyigba. Des installations qui devaient porter la capacité à 5,12 térabits par seconde, et faire rentrer le Togo dans le nouveau millénaire, avec des débits de connexion plus rapides, et des tarifs revus à la baisse.

Malheureusement, l’incidence ne sera que mineur : « le câble sous-marin à fibre optique n’est utile que si la connexion est rapide, ce qui n’est pas le cas au Togo. Le pays est connecté à un seul câble sous-marin tandis que le Bénin est relié à 2, le Ghana à 6 et le Nigeria à 10. Il est donc impératif que le Togo travaille dur pour augmenter sa vitesse et la capacité de ses réseaux », déclarait encore à Lomé, Shi Wei Liang, Vice-président Afrique de l’Ouest, de  la société chinoise Huawei, chargée de la mise en place du projet e-gouvernement.

 Quid du sommet de novembre ?

Dans quelles conditions, se préparent alors les autorités pour le Sommet  de l’Union Africaine (UA) sur la sécurité maritime qu’accueille Lomé en novembre prochain. Avec 5.000 participants attendus, et naturellement, auront grand besoin d’internet, à très grand débit, fonctionnant parfaitement.

En ce sens, la ministre aurait déjà rencontré des hôteliers sur la question d’internet dans les hôtels, en présence des différents opérateurs télécoms. Ceci, dans le but de définir et expliquer les conditions requises, pour disposer d’une connexion internet fiable.

Occasion pour elle, d’insister sur la nécessité pour ses interlocuteurs, de disposer entre autre, d’un câblage  réseau fiable, intégrant la fibre optique afin que le relai des flux venant du fournisseur soit optimal.

Même exercice pour sa collègue du tourisme, qui a aussi rencontré les professionnels hôteliers. Et lors des échanges, il a été question, entre autres, de revoir les installations de connexion internet, pour avoir du haut-débit dans les différents hôtels, avant le début du sommet.

Se pose alors la question de savoir, s’il faudrait attendre les grands évènements pour se préoccuper de l’état de la connexion internet au Togo.

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